lundi 2 juin 2014

4 choses qui m'ont marquées, quand j'ai decouvert la vie d'expat au Nigéria

L'été approche, et dans quelques semaines de nouvelles familles françaises vont s'installer à Lagos.

J'ai eu envie alors de partager avec vous, chers lecteurs, mes premiers étonnements liés à cette vie d'expat à la sauce africaine. débutée en 2011.  La liste est longue, mais j'ai décidé d'en sélectionner 4:  


1. We are family


En metropole on vouvoie les inconnus ... Eh bien pas ici.  J'te connais pas, tu me connais pas, mais entre expats on se tutoie.

 Parce que la communauté expat, se veut être une grande famille où chacun doit se sentir familier avec les autres...  Personnellement il m'arrive encore de vouvoyer des gens quand je ne les connais pas, mais ça ne dure jamais longtemps.  Le tutoiement c'est même plutôt sympa pour se mettre vite à l 'aise... sauf que certaines personnes se sentent parfois un peu trop à l'aise...
L'anecdote: Ma moitié a fait un jour passer un entretient d'embauche à une femme d'expat pour un poste vacant dans son service, la dame, aussi sympathique soit elle, a débarqué en tongs et a d'entrée de jeu tutoyer mon mari. Elle n'a pas été retenue pour le poste...





2. Vaux mieux être riche et en bonne santé. 

 Disons le clairement, à Lagos d'abord tu payes, et tu payes TRES cher, enfin je dis tu mais c'est souvent la société... et puis ensuite on te soigne.
 Dans les hôpitaux , il faut en general payer des frais de dossier qui sont oh-my-fucking -god extrêmement chers, puis ensuite la consultation, qui elle même coûte un bras. Le hic c'est quand ta societe n'a pas encore ouvert de dossier à ton nom à l'hôpital, et toi tu te ramènes avec une urgence en pleine nuit ..haha..haha...hahahaha. Serieusement, ils te laisseraient mourir devant la porte d'entrée. 

Pour l'anecdote, quelques semaines après notre arrivée ma moitié presentait plusieurs symptômes de la malaria. Grosse panique. Il était blanc comme un cadavre et tenait à peine sur ses jambes. Il faisait déjà nuit, je suis allée chercher 2 chauffeurs pour l'aider à se rendre jusqu'à la voiture, et hop direction l'hopital.
A l'accueil on nous dit" Désolée mais nous ne voyons pas votre nom dans notre liste..." Et paf recalés comme en boîte de nuit parceque tes shoes ne sont pas assez swag!

J'ai insisté pendant de longues minutes, et ai supplié l'infirmière de prendre au moins sa temperature car l'amoureux tremblait comme une feuille. " Vous n'êtes pas enregistrés chez nous, je ne peux rien faire, soit vous contactez votre société, soit vous payer  tout de suite les frais de dossiers et la consultation".

 Frais de dossier pour cet hôpital:  environ 5000 à 6000 dollars+ faire venir un medecin en urgence 250 dollars...Gloups. 

  Nous n'avions evidemment pas une somme si élevée sur nous. Alors que z'homme est sur le point de s'ecrouler par terre et moi à deux doigts d'aller chopper la kalachnikov du gardien pour que la madame s'active le derrière, on réussit à joindre le responsable d'agence et la personne chargée de tout le tralala administratif. 30 longues minutes plus tard...le problème était réglé.
 Et la je me suis dit heureusement qu'il ne se vidait pas de son sang, sinon je ne serais pas en train de vous écrire sur ce blog aujourd'hui.

 Bref pour les nouveaux arrivants, faites vous ouvrir un dossier dans votre hôpital au plus vite ou alors soyez invincible...ou milliardaire.  au choix.



3.Les murs ont des oreilles.

 Comme à peu pres tous les expats "lagosiens" nous avons du personnel de maison. Derrière leurs gentillesse et leur politesse, ils s'adonnent à une pratique courante: le commérage...

Vis ma vie d'expat à Secret Story Land!

Par exemple si un monsieur trompe sa femme avec une fille des bars, son chauffeur le saura, et se chargera de le répéter aux  chauffeurs des collègues de monsieur, et peut-être même au cuisinier et/ou la nounou de la famille, voir même de la famille voisine.
 Si un expat a des fréquentations ou des pratiques sexuelles bizarres, la femme de ménage se chargera d'aller raconter cela à qui voudra bien l'entendre... et parfois l'information remonte jusqu'au siège social, basé en France :-) Flippant non?

Conclusion: Dans la grande famille des expats tout se sait, ou de moins tout finira par se savoir un jour ou l'autre parce que malgré votre discrétion, vos murs ont des oreilles.
La solution: Respecter les employés de maisons, et surtout...  respecter ses proches et ses ami(e)s expat!! 

Petite anecdote mignonnette pour la route: les premières semaines de ma grossesse, personne ne savait que j'étais enceinte, cheri et moi voulions garder cela secret jusqu'au 3 ème mois.
Vers le 2 ème mois mon chauffeur me dépose à l'hopital pour quelques examens ( bien entendu il ne sait pas lesquels).  Sur le chemin j'en profite pour manger un sandwich au fromage ( alors que ce n'etait pas dans mes habitudes LE MATIN hihi).
Le chauffeur ne dit rien.  Le soir même ce petit coquin, pensant réellement que mon homme n'est au courant de rien,  est allé voir mon mari pour lui dire " monsieur je crois que votre femme est enceinte...". Et mon mari le vilain blagueur, de lui répondre " ah bon tu es sur?"

Non mais de quoi j'me mêleuhhh...

4. La vie entre 4 murs

Fini les balades en ville à n'importe qu'elle heure, fini la liberté. Quand t'es oyibo, tu ne dois jurer que par la prudence. Et ça, honnêtement ce n'est pas facile, surtout au début. On a beau être prévenue, il faut parfois un certain temps avant de digérer la pilule.
  Alors tu as le choix: sois tu te trouves une occupation et tu relativises, soit tu te laisses allée, tu deviens parano et la t'es bonne pour un petit tour en psychatrie... 

Pour celles qui ne veulent pas ou ne peuvent pas travailler, et qui tournent en rond chez elles, Lagos accueil se chargera de vous trouver des activités à faire entre femmes d'expats, et de vous aider à vous faire de nouvelles copines.
En 3 ans je ne m'y suis jamais inscrite puisque j'ai fait des rencontres de façon naturelle, grâce à mon job. Même si j'ai souvent pensé à m'inscrire par curiosité, je n'ai jamais sauté le cap.


Les conséquences de cette vie sous haute surveillance?
- De la frustration
-Un début de parano à force d'entendre parler des risques
-Du crêpage de chignon entre femmes d'expat à force de "vivre en communauté" dans les mêmes résidences.

L'anecdote: Oui j'ai vu des femmes d'expat en venir aux mains pour des choses sans importance, oui j'ai vu des femmes d'expat qui ne disent bonjour qu'à leurs copines...

Pour eviter tout cela:
- Trouver une activité coûte que coûte (A voir: femme d'expat, mode de vie mode d'emploi)
- Choisir méticuleusement ses fréquentations et son logement, et se tenir éloignée des embrouilles... si si!
-Si vous en avez la possibilité, rentrez régulièrement en France.
-Rester soi-même. Ca parait bête, mais c'est important.



A bientôt les z'amis. Et bon courage à celles et ceux qui ont la tête dans les cartons!

Fafa

12 commentaires:

  1. C'est sûr que ça ne doit pas toujours être facile :-/

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    1. Disons que les premiers temps ça peut paraître lourd à supporter. Mais en général à partir du moment où tu trouves de quoi faire, et que tu t'entoures des bonnes personnes, cette expatriation se vit bien et tous les problèmes sont surmontables! :)

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  2. Merci Fafa, d'avoir partagé et si bien décrit tes expériences. J'ai hâte de voir à quel point ça va être différent au Congo. A très vite,

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    1. Merci à toi de faire partie de mes lectrices :-) et moi j'ai hâte de lire tes aventures aux States! bientôt bientôt!

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  3. Excellent Article ! Je me suis retrouvée dans des situations similaires !
    Expat en Allemagne !
    Audrey

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    1. Bienvenue sur mon blog Audrey et merci pour ton message :) Comme quoi d'un pays à un autre on retrouve quelques similitudes!

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  4. Et à te lire on se dit que finalement on n'est pas si mal en France... ne pas pouvoir sortir comme on veut doit en effet être difficile et j'ai du mal avec les commérages...

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    1. C'est clair que sur certains points on a carrément pas à se plaindre en France! Chaque pays a ses avantages et ses inconvénients. Ceci dit quand un des inconvénients c'est le manque de liberté cela engendre forcement beaucoup d'autres désavantages

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  5. Je rejoins ton dernier point. Je n'ai pas vécu en Afrique mais en Haïti, quelques mois, mais ces quelques mois ont suffit a me sentir des fois enfermée, entre 4 murs, parce qu'il faut un chauffeur pour ci, ou ça ; parce qu'il faut prévoir son weekend 4 jours a l'avance et que je ne sais pas forcement ce que j'aurai envie de faire samedi matin moi. Mais on s'habitue et on arrive même a trouver de la magie (parce que finalement j'avais le cœur tout triste de quitter Haïti) (et j'ai pas mal rigolé avec tes anecdotes notamment celle du chauffeur et de ton mari ^^)

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    1. Merci de m'avoir lue et d'avoir laissé un petit mot :) et oui le manque de liberté est une sacré contrainte, mais on s'y fait en quelque sorte, puis tant que ce n'est que temporaire, c'est plus facilement acceptable

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  6. Waw et bien c'est une sacrée aventure que tu as vécue on dirait !! :D
    L'anecdote de l'hopital est carrément flippante, bien que peu surprenante... :( C'est incroyable, j'imagine à peine l'état de panique dans lequel tu devais te trouver.
    Les commérages, ça donne plus le sourire de suite! :) Mais bon, effectivement, de quoi je me mêle mdr !!!!!!

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    1. Pour le coup à l'hosto j'étais super mal, c'était hallucinant de voir la femme de l'accueil et l'infirmière refuser de lever le petit doigt alors que mon homme était vraiment dans un sale état. Mais bon, heureusement ça s'est bien terminé!

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